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Brève histoire de la littérature basque

A l’arrivée des années 1990, Atxaga et d’autres auteurs se plongent dans un réalisme plus cru. Chez Atxaga, on peut considérer Behi euskaldun baten memoriak (1991) comme un lien entre les deux courants ; en effet, si ce roman présente des nuances fantastiques (le personnage principal est une vache qui parle), le contexte (Guerre Civile Espagnole) est on ne peut plus réel. Dans ses romans suivants, Gizona bere bakardadean (1993) et Zeru horiek (1995), il présente des personnages liés au conflit basque et aborde l’être humain et sa solitude.

Quant à Anjel Lertxundi, il marque, avec Carla (1989), la fin d’un cycle narratif et le début du suivant. Ainsi, son regard, tourné jusqu’alors vers les styles sud-américains, s’imprègne désormais de la tradition européenne, comme en témoigne Kapitain frakasa (1991), qui rappelle le style policier de Graham Green. Par la suite, il se plonge totalement dans la tradition orale et écrite européenne pour aborder une lecture moderne et revisitée des sujets tels que l’immortalité, le diable et la mort personnifiée. Pour répondre à ces travaux d’un nouveau genre, la maison d’édition Alberdania crée la collection Ifrentzuak dans laquelle seraient publiés Otto Pette (1994), Azkenaz beste (1996), Piztiaren izena (1995), Letrak kalekantoitik (1996) et Argizariaren egunak (1998). La dernière œuvre en date de l’auteur, Zorion perfektua (2003), apporte de nombreuses innovations stylistiques et thématiques ; une femme témoin d’un attentat dans sa jeunesse se rappelle le jour de l’évènement.

Parallèlement, après 19 années de silence, Ramon Saizarbitoria publie Hamaika pauso (1995). Ce roman constitue une sorte de synthèse de ses travaux précédents et de ce qui suivrait ; on y trouve en effet les exercices de style qu’on lui connaissait, mais aussi une tendance à placer la structure sur un second plan au profit du contenu, comme dans les œuvres qui suivraient. Il a été dit d’Hamaika pauso qu’il est le portrait de la génération de Saizarbitoria ; le personnage, Iñaki Abaitua, raconte l’exécution par fusillade de Daniel Zabalegi, représentation du membre de l’ETA Angel Otaegi, en 1975. Mais, au fil de la narration, les biographies de deux personnages se croisent. Dans Bihotz bi. Gerrako kronikak (1996), l’auteur aborde deux guerres : la Guerre Civile d’une part, et la guerre des couples d’autre part. Son Gorde nazazu lurpean (2000) réunit cinq longs récits ayant pour thème commun l’obsession d’exhumation, mais qui laissent entrevoir, une fois de plus, les thèmes obsessionnels de l’auteur : la Guerre Civile, les problèmes de communication entre les hommes et les femmes, et la réflexion sur l’écriture.

Parmi les auteurs qui ont marqué la décennie, citons par ailleurs Koldo Izagirre (Metxa esaten dioten agirretar baten ibili herrenak, 1997 ; Ez duk erraza, konpai!, 1995 ; Nik ere Germinal egin gura nuen aldarri, 1998 ; Agirre zaharraren kartzelaldi berriak, 1999), Patxi Zabaleta (une trilogie historique située au début du XXe siècle en Navarre : Ukoreka, 1994 ; Badena dena da, 1995 ; Arian ari, 1996), Edorta Jimenez (Speed gauak, 1990 ; Azken fusila, 1994 ; Baleen berbaroa, 1999), Joxemari Iturralde (une trilogie autour du Pays Basque : Izua hemen, 1989 ; Kilkerra eta roulottea, 1997 ; Euliak ez dira argazkietan ateratzen, 2000) Aingeru Epaltza, Joxean Agirre, Jon Alonso, Laura Mintegi, Xabier Mendiguren Elizegi, Hasier Etxeberria, Lourdes Oñederra… De même, nous ne pouvons passer sous silence la nouvelle génération d’auteurs arrivés sur la scène littéraire vers l’année 2000 : Harkaitz Cano, Xabier Aldai, Ixiar Rozas, Jasone Osoro, Julen Gabiria, Unai Elorriaga (dont le premier roman, SPrako tranbia, a reçu le prix national d’Espagne en 2002), les frères Etxeberria, Fernando Morillo… Nombre de ces auteurs se sont fait connaître par le phénomène grandissant des concours littéraires.

Le contexte actuel présente peu de points communs avec les premières années d’après la dictature. La production basque s’est notablement multipliée, non seulement quantitativement, mais aussi dans la variété des genres. Il existe aujourd’hui des romans humoristiques (Kutsidazu bidea, Ixabel, ou Gerturik daukagu odola, de Joxean Sagastizabal), de science-fiction (Uda guztiak ez dituk berdinak, d’Iñaki Irazabalbeitia), de voyage (Jon Arretxe), d’amour (Haltzak badu bihotzik, d’Iñaki Mendiguren), érotiques (dans la collection littéraire lancée par Txalaparta, Paddy Rekalde, Aitor Arana ou Juan Martin Elexpuru), des récits d’information (maisons d’édition Gaiak et Elhuyar), de consommation… Autant de preuves de la maturité acquise par le roman basque.

Nous ne pouvons clore ce chapitre sans aborder les nouvelles et la littérature jeunesse. En effet, ces deux genres ont un poids considérable dans la littérature, et ont acquis, au fil des ans, une certaine qualité (et quantité). Le genre des nouvelles commença son ascension dans les années 70-80, avec l’influence de Jon Mirande et de la tradition anglo-saxonne. Citons entre autres Lertxundi, Atxaga et Joseba Sarrionandia (Narrazioak, 1983 ; Atabala eta euria, 1986 ; Ifar aldeko orduak, 1990). Depuis, de nombreux auteurs basques ont visité ce genre : Mikel Antza, Inazio Mujika Iraola, Pello Lizarralde, Xabier Montoia, Laura Mintegi, Iban Zaldua, Felipe Juaristi, Karlos Linazasoro, Edorta Jimenez, Arantxa Iturbe, Harkaitz Cano… Quant à la littérature jeunesse, elle représente le secteur le plus prolifique de ces dernières années, avec Felipe Juaristi, Arrate Egaña, Patxi Zubizarreta, Mariasun Landa (qui a reçu le prix national d’Espagne pour Krokodiloa ohe azpian, en 2003), Juan Kruz Igerabide, Joxe Mari Iturralde, Joxantonio Ormazabal, Aitor Arana, Jesus Mari Olaizola Txiliku, Atxaga…

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