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Brève histoire de la littérature basque

Comme la poésie, le roman fut marqué dans les années 1970 par l’expérimentation. A l’époque, Txillardegi et Ramon Saizarbitoria avaient établi les fondements du roman basque moderne, mais de façon bien différente : si le premier s’attachait avant tout au contenu (jusqu’à créer de vrais discours philosophiques), le second s’inquiétait surtout du style. L’œuvre Egunero hasten delako, publiée en 1969, laissait entrevoir la voie empruntée par Saizarbitoria, puisqu’il y organisait déjà les récits sur plusieurs plans, tout comme dans Ehun metro (1976) et Ene Jesus (1976) ; le premier suit la technique du Nouveau Roman, et le second trahit l’influence évidente les structuralistes des années 60. Dans Ehun metro, il raconte les cent derniers mètres d’un membre de l’ETA fuyant la police, en alternant la première personne, la deuxième personne et une troisième personne plus neutre. Les plans spatiaux et temporels changent en permanence, les souvenirs d’enfance du personnage principal et les péripéties d’un deuxième personnage témoin de la scène s’ajoutant à la chronique de la fuite. Le rythme est tantôt très vif, tantôt extrêmement lent. Dans Ene Jesus, le personnage principal est allongé sur son lit de mort. Pour tromper l’ennui, il invente des histoires, mais ne parvient pas à suivre un fil conducteur ; toutes les histoires se mêlent en un flux incompréhensible.

C’est précisément l’expression de “flux incompréhensible” que Saizarbitoria utilisa dans la préface du roman Sekulorum sekulotan (1975), de Patri Urkizu, qui fut l’un des premiers exemples de roman basque avant-gardiste et expérimental, avec Zergatik bai (1976) de Koldo Izagirre et Ziutateaz (1976) de Bernardo Atxaga. Le récit d’Urkizu est composé sans aucune ponctuation, et le discours confus ne suit même pas la chronologie. Quant aux travaux d’Atxaga et Izagirre, ils sont dominés par l’hybridation, l’absence de frontière entre les genres. Pourtant, il existe bien une cohérence interne entre les différents éléments.

Zergatik Panpox (1975) d’Arantxa Urretabizkaia, Abuztuaren 15eko bazkalondoa (1979) et Manu Militari (1987) de Joxe Austin Arrieta, et le roman hyper court Jon eta Ane zigarro bat erretzen (1977) d’Ibon Sarasola (le récit s’achève avec la cigarette) sont autant d’exemples du courant expérimentaliste basque.

Zergatik Panpox raconte la journée banale d’une femme avec son enfant après le départ de son compagnon. Le fil conducteur est constitué des pensées de cette femme, et le mode de narration rappelle Ulysse de James Joyce. De même, dans les romans d’Arrieta, c’est le mode de narration qui prime, c’est-à-dire la façon de présenter au lecteur les évènements, les souvenirs du passé (sur la guerre et l’enfance dans l’un, sur l’armée dans l’autre).

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