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Brève histoire de la littérature basque

Fidèles à l’air du temps, les codes littéraires des plumes poétiques émergentes répondaient à une nécessité évidente de rupture avec le passé. Le roman Leturiaren egunkari ezkutua de Jose Luis Enparanza “Txillardegi” était bien loin, de même que la modernité qu’il avait apportée. Il fallait chercher, expérimenter de nouveaux modèles. Une définition des années 1970 ne pourrait ainsi se passer des termes avant-garde et expérimentalisme. En ce qui concerne la poésie, le point de départ des nouvelles tendances fut marqué par Atxaga et son Etiopia. Nous retrouvons de même le nom de Gabriel Aresti et son Harri eta herri. En effet, ces deux œuvres constituent, parmi les œuvres poétiques basques, les travaux les plus lus et les plus influents. Atxaga se considère d’ailleurs comme le successeur naturel d’Aresti. Dans Etiopia, il se charge, en somme, de transformer la pierre d’Aresti en sable.

Un membre de la bande Pott évoqua ainsi les effets d’Etiopia : si les étudiants de mai 1968 cherchaient sous les pavés la plage, ce recueil de poèmes permettait d’entrevoir sous la plage les pavés. C’était en quelque sorte un moyen d’enlever à la langue basque ses sandales traditionnelles et de s’enfoncer dans la ville. Les poèmes d’Etiopia étaient citadins, écrits par un jeune poète qui avait bien retenu la leçon de Rimbaud. Et, bien qu’il engendrât quelques critiques au début, il prouva que la langue basque pouvait avoir des opportunités en dehors du monde rural. Un point de vue similaire ressortait du recueil Itsaso ahantzia (1976), de Koldo Izagirre ; ces poèmes évoquaient principalement l’amour, la mer et la solitude et trahissaient l’influence du poète surréaliste Eluard. Par la suite, Izagirre signa Oinaze Zaharrera (1977), Balizko erroten erresuma (1989) et Non da Basques’ harbour? (1997).

Face au modèle avant-gardiste proposé par Atxaga et Izagirre, Bitoriano Gandiaga (Hiru gizon bakarka, 1974 ; Uda batez Madrilen, 1977 ; Denbora galdu alde, 1986) et Juan Mari Lekuona (Muga beroak, 1972 ; Ilargiaren eskolan, 1979 ; Minodramak eta ikonoak, 1990) affichèrent une position tout autre. Si l’admiration qu’ils vouaient au sculpteur Jorge Oteiza et à l’auteur des années 1960 Aresti lia ces deux poètes, chacun donnait à ses travaux des caractéristiques bien particulières. Gandiaga, après l’Elorri mythique et harmonieuse publiée en 1962 (où il idéalisait par l’ambiance paisible d’Arantzazu l’ensemble du Pays Basque), ses travaux suivants présentèrent un point de vue plus pessimiste et conflictuel : pas de réelle foi en la nature, une inquiétude vis-à-vis du Pays Basque et de la langue basque, une mise en évidence de la solitude et de l’anonymat du mode de vie citadin. Son style fut défini par Lekuona comme « expressionnisme social ». Lekuona, quant à lui, établissait dans ses œuvres le lien entre l’être humain et la matière élémentaire, sans jamais écarter son souci de la société ni son engagement pour le nouveau monde et les nouveaux êtres humains. Son style poétique fut suivi, entre autres, par Imanol Irigoien (Argiaren barne distantziak, 1989) et Amaia Iturbide (Gelak eta zelaiak, 1994). De même, Joxe Austin Arrieta, Juan Ramon Madariaga, Juan Kruz Igerabide, Pello Zabaleta et Patziku Perurena, bien que chacun conservât ses spécificités, ne s’écartèrent jamais vraiment de la voie de Lekuona.

La volonté expérimentaliste des années 70 donna lieu à de nombreuses tendances intéressantes : la tendance existentialiste de Joseba Zulaika (Adanen poema amaigabea, 1975), M. Arregi (Hego haizearen konpasean, 1975) et Luis Mari Mujika (Hitzak ebakitzen, 1975 ; il revint dans ses recueils suivants à une poésie populaire et mesurée : Zortziko hautsiak, 1978 ; Herria eta bidea, 1978 ; Arnas gaiztoa. Erromantzeen airera, 1979 ; Aire neurtuak, 1984) ; la tendance intimiste d’Arantxa Urretabizkaia dans son long poème San Pedro bezperaren ondokoak et dans Maitasunaren magalean (1982) ; le nihilisme romantique d’Amaia Lasa (Hitz nahastuak, 1977 ; Nere paradisuetan, 1979) ; la poésie simple et profondément sentimentale de Manu Ertzilla. En effet, à cette période, tout était possible, et on trouvait dans un même groupe des sensibilités très différentes, comme en témoigne le mouvement culturel “Ez dok Amairu”, qui réunissait Xabier Lete, Hartzabal (Joxean Artze), et Joxe Angel Irigarai : le point de vue intimiste conflictuel de Lete (Bigarren poemategia, 1974) côtoyait le style smbolico-mythique d’Irigarai (Kondairaren ihauterian, 1978; ) et la poésie de Hartzabal (Isturitzetik Tolosan barru, 1969 ; Laino guztien azpitik…, eta sasi guztien gainetik…, 1973 ; …bide bazterrean hi eta ni kantari…, 1979), qui était une pure expérience, visuelle et lyrique : des vers écrits de droite à gauche, en spirale…

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